Vladimir Velikovic - Biographie / Biography


La mission suprême de l’art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires.

Friedrich Nietzsche : «Ainsi parlait Zarathoustra»


Vladimir Velickovic est né le 11 août 1935 à Belgrade (Serbie). Très jeune il est attiré par le dessin et, c’est au travers de livres de médecine et de reproductions de Dürer ou de Leonard de Vinci qu’il s’exerce à dessiner, avec pour principal sujet le corps humain. Il effectue ses études à Belgrade et obtient son diplôme de la faculté d’architecture en 1960. Il reviendra à l’enseignement de 1983 à 2000, mais en tant que professeur, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Depuis 1961, date de sa première exposition à Belgrade, il n’a cessé d’être montré dans le monde entier et ses travaux sont présents dans plus de quarante musées et collections publiques.

Comme souvent pour les artistes au travail complexe plusieurs approches de son œuvre sont superposables. La plus souvent mise en avant est celle qui fait large part au traumatisme qu’aurait laissé sur son enfance la seconde guerre mondiale. Il a en effet 6 ans quand il voit ses premiers pendus lors de la prise de Belgrade par les nazis. Plus tard à la libération de la ville par l’armée rouge et les partisans de Tito, les terribles combats qui s’y déroulent lui font découvrir ses premiers corps calcinés. Les photos des «bureaux d’aveux» de la Gestapo en Pologne prises par l’Armée Rouge achèvent cette «formation». Depuis dans ses œuvres, des hommes perdus, n’ayant plus de visage humain, courent, fuient, chutent, le disputent aux rats et aux chiens. La violence, la dégradation, s’expriment en compagnie de leurs instruments d’accomplissement: crocs, becs, crochets, potences. Depuis 1991 et la dislocation de l’ex-Yougoslavie les thèmes récurrents de l’œuvre se sont radicalisés et des paysages dévastés, brûlés, sur lesquels règnent des nuées de corbeaux investissent progressivement l’univers pictural.

Mais un artiste n’est pas uniquement le produit de son vécu. Il est aussi celui de sa culture. Une autre façon d’aborder l’œuvre de Vladimir Ve-lickovic consiste à le mettre en abyme avec ses maîtres, les artistes sur les œuvres desquels il s’est exercé lors de son apprentissage, et dont il interroge aujourd’hui les composantes stylistiques et thématiques. Les parentés sont alors flagrantes, revendiquées même parfois au tra-vers de titres (« Grünewald »). Pour Albrecht Dürer l’écho est plus sensible sur les œuvres antérieures à 1990. Les inventaires d’organes, les études morphologiques de l’un répondent aux animaux éventrés sur des tables de dissection et aux décompositions de mouvement de l’autre. En ce qui concerne Jérôme Bosch on peut considérer que les deux artistes se tutoient. Dans un univers d’Apocalypse, parsemé de corps suppliciés, les potences, les crochets de Velickovic renvoient aux gibets, échelles, arbres et piques auxquels sont suspendus ou embrochés les impénitents de Bosch. – «Tu vois Jérôme, j’ai bien compris l’enfer de ton époque, je te présente celui de la mienne» -. Mais si la thématique et l’imaginaire sont assurément proches, le propos est fondamentalement différent. Ce n’est ni le pécheur, ni la destinée qui lui est promise que stigmatise Velickovic mais la condition de l’homme, sa souffrance et le scandale de cette souffrance. Une condition humaine où les images de l’enfer ne sont plus une fiction mystique mais une réalité quotidienne. Un monde en proie à une violence monstrueuse, génétiquement programmée, paradoxalement, pour assurer sa survie. L’artiste s’inscrit alors pleinement dans le mouvement qui, de Grünewald à Bacon, questionne la chair. Il en emprunte certains symboles plastiques, les développe et les transfigure pour nous offrir, par un glissement de l’objet thématique, une relecture qui prend en compte les affres de notre époque.

 

Depuis 1966 Vladimir VELICKOVIC vit et travaille en France. Il occupe à l’Académie des Beaux-Arts le siège laissé vacant par Bernard Buffet.

Vladimir Velickovic was born on August 11th, 1935 in Belgrade (Serbia). Very early he is attracted by drawing and it is through medicine books and reproductions of Dürer or Leonard de Vinci that he practices drawing, with the human body as his main subject. He follows his studies in Belgrade and gets his Architecture diploma in 1960. He will return to education from 1983 to 2000, but as a teacher, in Paris University of Fine Arts. Since 1961, date of his first exhibition in Belgrade, he has been continuously shown all over the world and his works are present in more than forty museums and public collections.

As it is often the case for artists who have a complex work, several approaches of his work are possible. The one that is mostly put forward gives a big part to the trauma that World War II would have left on his childhood. He is indeed 6 years old when he sees his first hangmen dur-ing the take of Belgrade by the Nazis. Later during the city’s liberation by the Red Army and the Tito supporters and the terrible fights that take place there, he will discover his first charred bodies. The pictures of the Gestapo’s «confessions offices» in Poland taken by the Red Army will complete this «training». Since this, in his works, lost, faceless men, run, flee, fall, fight with rats and dogs. Violence and degradation express themselves along with their achievement instruments: fangs, beaks, hooks, gallowses. Since 1991 and the dislocation of ex-Yugoslavia the recurring themes of the work became more radical and destroyed, burned landscapes, over which reign swarms of crows slowly invade the pictorial universe.

But an artist is not only the product of his history. He is also that of his culture. Another approach to Vladimir Velickovic’s work consists in abut-ting him onto his masters, whose works he used during his training, and the stylistic and thematic constituents of which he questions today. Relationships are then blatant sometimes even claimed through titles («Grü newald»). For Albrecht Dürer the echo is more obvious on the works prior 1990. The inventories of organs, the morphological studies of the one answer to the disemboweled animals onautopsy tables and movement decompositions of the other. As regards Jérôme Bosch, we can consider that both artists are intimate. In an apocalyptic universe, strewed with tortured bodies, Velickovic’s gallowses and hooks refer to gibbets, ladders, trees and spades to which are suspended or impaled Bosch’s unrepentant. – «you see Jérôme, I understood well the hell of your era, let me introduce you to mine» -.

But if the theme and the imagination are certainly close, the intention is fundamentally different. It is neither the sinner, nor the fate promised to him that Velickovic stigmatises, but rather the condition of the human being, his suffering and the scandal of this suffering. A human condition where the images of hell are not a mystic fiction any more but a daily reality. A world racked by a monstrous violence, genetically programmed, paradoxically, to ensure its survival. The artist then completely joins in the movement that, from Grünewald to Bacon, questions the flesh. He borrows from it some plastic symbols, develops them and transfigures them to offer us, through a sliding of the thematic object, a second reading which takes into account the torments of our time.

 

Since 1966 Vladimir VELICKOVIC lives and works in France. At the Academy of Fine Arts he occupies the seat left vacant by Bernard Buffet


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Musée d’Art Contemporain

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Museo de Bellas Artes

 

 

 

 

 

Museum of Modern Art

 

 

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