Gérard Fromanger « Processus »


Gérard Fromanger

« Processus »

Série des « Cythère ville nouvelle »

Huile sur toile – 1986 - 200 x 150 cm

Signature, titre, série, technique, dimensions, date et dédicace au dos

Provenance :

Atelier de l’artiste

Collection Yolande et Jean Castel

Vente Christie’s 2014

Collection privée

 

Galerie Anna-Tschopp

Series «Cythère ville nouvelle»

Oil on canvas – 1986  – 200 x 150 cm

Signature, title, series, drawing's means, size, date and dedication on the revere

Origin :

Artist’s studio

Yolande et Jean Castel’s collection

Sale Christie’s 2014

Private collection

Galerie Anna-Tschopp

 

  GALERIE ANNA-TSCHOPP

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  13006 Marseille

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  atschopp197@gmail.com

 

 

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Le mot du marchand :

Cette série très limitée en nombre comprend au total treize pièces dont douze en format «à la française» de dimensions 200 x 150 cm ou 200 x 160 cm et un format «à l’italienne» de dimensions 200 x 300 cm qui se trouve aujourd’hui dans les collections de la fondation Vincent Van Gogh à Arles.

«Cythère ville nouvelle» est une contribution conjointe de Gérard Fromanger et Félix Guattari* dressant un constat critique sur les espérances légitimes d’une population à tendre vers le bonheur et les réponses économiques et sociales qui lui ont été proposées. Le titre de cette série fait référence au poème de Charles Baudelaire « Un voyage à Cythère » qui dans sa progression narrative va de l’idyllique au désenchantement complet et à l’horreur. Cet «emprunt» marque le scepticisme des auteurs à l’égard du devenir des villes nouvelles. Scepticisme prémonitoire quand on connait 30 ans plus tard le quotidien qui s’est installé en lieu et place de ce devenir. Le projet des villes nouvelles avait pris corps dans les années 60 afin de canaliser la croissance rapide de l’agglomération parisienne en mettant en valeur des pôles de développement excentrés pour qu’ils puissent acquérir une véritable autonomie. Ces villes sont bâties «ex nihilo», à la campagne comme le plaisantait Alphonse Allais. La structuration des quartiers se fait autour d’un centre où tous les services administratifs, commerciaux, économiques, politiques et de loisirs sont regroupés. Les bus disposent de dessertes permettant de relier tous les points de la ville au moyen de voies réservées, couplées à d’autres qui donnent toute leur place aux piétons et aux cycles. L’architecture des habitats est résolument moderniste. Pourtant malgré ce cahier des charges a priori très séduisant l’engouement du public n’est pas au rendez-vous et les populations visées tardent à investir les lieux, préférant s’engouffrer dans ce qui sera nommé l’ère du tout pavillonnaire. On assiste progressivement au remplacement des populations espérées par d’autres, plus pauvres. Si en 1986, date de réalisation de la série par Gérard Fromanger, le futur n’est pas encore scellé, le succès envisagé lors de la décennie précédente est déjà compromis. Pour les nuées de prétendants au bonheur que Gérard Fromanger pose sur ses toiles les cieux s’obscurcissent. Ils ressemblent d’ailleurs beaucoup dans leurs attitudes aux damnés de Dirk Bouts ou Pierre-Paul Rubens.

«Cythère ville nouvelle» est une série à redécouvrir. A l’instar des villes nouvelles, qui par leur conception retiennent aujourd’hui l’attention de nombreux urbanistes dans le monde, et ce malgré leur échec en leurs temps, elle n’a pas connu de succès immédiat. Aujourd’hui cependant la pertinence de son propos, son regard sur l’histoire du développement urbain en France la définissent comme une description particulièrement pertinente d’une époque ; dont nous mesurons encore aujourd’hui certaines conséquences. Comme «Boulevard des Italiens», «Annoncez la couleur», «Le Peintre et le Modèle», «Questions», «Sens dessus dessous», «Bastille-dérives», «Cythère ville nouvelle» est appelée à s’inscrire dans les grandes séries de ce que Gérard Fromanger décrit comme la peinture d’histoire, du moins sa peinture d’histoire. Un témoignage, une «capture» des modes de vie, des aspirations, des comportements sociaux du temps.

«Processus» est sorti de l’anonymat dès sa naissance en illustrant la couverture du catalogue de l’exposition «Cythère ville nouvelle» montée par la galerie Isy Brachot à l’occasion de la FIAC 1986.

A cette époque Gérard Fromanger avait ses habitudes dans un célébrissime établissement de la rue Princesse à Paris où il donnait parfois des soirées. Le patron de l’établissement, après en avoir délibéré avec son épouse, également admiratrice de l’artiste, lui propose un jour d’annuler une de ses additions en échange d’un tableau. Le tableau est sélectionné par Gérard Fromanger qui en date du 21/06/1991 y ajoute la dédicace : «Bonjour mes fidèles amis Yolande et Jean Castel. Bonheur pour moi de savoir cette peinture vivre chez vous. Avec tout mon [ici, dessinés, un cœur transpercé d’une flèche]». Est ajouté «Salut Guillaume», Guillaume étant le fils de Yolande et Jean Castel**.

En 2014 le tableau est proposé aux enchères chez Christie’s à Paris et change ainsi de propriétaire.

En 2018 Galerie Anna-Tschopp l’acquiert auprès de ce dernier propriétaire et le fait nettoyer de 32 ans d’exposition à la poussière.

Cette oeuvre, à nos yeux majeure est restée peu connue voire totalement ignorée du public du fait de son absence pendant près de 30 ans des circuits habituels de monstration. Pour Gérard Fromanger comme pour tous les artistes les meilleures oeuvres ne circulent pas ou peu car leurs possesseurs les conservent.

 

* Philosophe et psychanalyste français. Jacques Lacan fut son psychanalyste mais il prit progressivement ses distances avec le Lacanisme, spécialement au moment de sa collaboration avec Gilles Deleuze.

 ** L’anecdote est relatée page 59 du livre d’entretiens de Laurent Greilsamer avec Gérard Fromanger paru en 2018 aux Editions Gallimard.

 

Word of the merchant :

This very limited series in number contains a total of thirteen pieces including twelve in «French» format of which dimensions are 200 x 150 cm or 200 x 160 cm and one in «Italian» format with dimensions of 200 x 300 cm which is today in the collections of the Vincent Van Gogh Foundation in Arles.

« Cythère ville nouvelle « is a joint contribution by Gérard Fromanger and Félix Guattari*, drawing a critical conclusion on the legitimate expectations of a population to tend towards happiness and the economic and social responses that have been proposed to it. The title of this series refers to Charles Baudelaire’s poem «Un voyage à Cythère» which in its narrative progression goes from idyllic to complete disenchantment and horror. This «loan words» marks the authors’ skepticism about the future of new cities. Premonitory skepticism when one knows 30 years later the daily life that has settled in place of an expected future. The new cities project had taken shape in the 1960s in order to channel the rapid growth of the Paris agglomeration by promoting eccentrish development centers so that they could acquire a real autonomy. These cities were built «ex nihilo», in the countryside as tAlphonse Allais liked to joke about it. The neighborhoods’ structuring is thought around a center where all administrative, commercial, economic, political and recreational services are grouped together. Buses have connections to link all points of the city by means of dedicated lanes, coupled with others dedicated  to pedestrians and cycles that give to these ones full space. The habitats’ architecture is resolutely modernist. Yet, despite these specifications a priori very seductive the enthusiasm of the public is not at the rendezvous and the targeted populations are slow to invest the place, preferring to rush into what will be called the all pavilion era. We have gradually witnessed the replacement of the hoped for populations by others, poorer. If in 1986, the date of the series by Gerard Fromanger, the future is not yet sealed, the success envisaged during the previous decade is already compromised. For the swarms of pretenders to happiness that Gérard Fromanger puts on his canvases the heavens are darkened. They are very similar in their attitudes to the damned from Dirk Bouts or Pierre-Paul Rubens.

«Cythère ville nouvelle»» is a series to be rediscovered. Like new cities, which by their design now hold the attention of many urban planners in the world, and this despite their failure in their time, it has not met with immediate success. Today, however, the relevance of its remarks, its view upon the urban development history in France defines it as a particularly relevant description of an era; of which we still measure certain consequences today. As «Boulevard des Italiens», «Annoncez la couleur», «Le Peintre et le Modèle», «Questions», «Sens dessus dessous», «Bastille-dérives», «Cythère ville nouvelle» is expected to join the large series of what Gérard Fromanger describes as history painting, at least his history painting. A testimony, a «capture» of lifestyles, aspirations, social behaviors of a time.

«Processus» came out of anonymity from its birth by illustrating the exhibition catalog cover of «Cythère ville nouvelle» which was staged by gallery Isy Brachot on the occasion of the 1986 FIAC.

At that time Gérard Fromanger had his habits in a famous establishment of the rue Princesse in Paris where he sometimes gave parties. The establishment’s owner, after having deliberated about it with his wife, also admirer of the artist, one day proposed to cancel one of his bills in exchange for a painting. The painting is selected by Gérard Fromanger who, on 21/06/1991, adds the dedication : "Hello my faithful friends Yolande and Jean Castel. Happiness for me to know this painting is living at your home. With all my [here, drawn, a heart pierced by an arrow]". Is added "Hi Guillaume", Guillaume being the son of Yolande and Jean Castel**.

In 2014 the painting is auctioned at Christie’s in Paris and changes ownership.

In 2018 Anna-Tschopp Gallery acquires it from this latter owner and has it cleaned of 32 years of dust exposure.

This work, major in our eyes  has remained little known or totally ignored by the public because of its absence for nearly 30 years from the usual exhibit circuits. For Gérard Fromanger as for all the artists the best works do not circulate or do it only a few because their owners keep them.

 

* French psychoanalyst and philosopher. Jacques Lacan was his psychoanalyst but he then gradually distanced himself from Lacanism, especially during his collaboration with Gilles Deleuze

** Anecdote reported on page 59 in the talks book of Laurent Greilsamer with Gérard Fromanger published in 2018 by Editions Gallimard.

 





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 OEuvres originales :



 

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