Art-chéologie reconstructive



Connaissant notre intérêt pour sa série «Soutien au Vietnam» de 1967, Sergio Birga nous a retrouvé deux morceaux de toiles y appartenant. Leur traversée du temps jusqu'à ce jour vaut d'être racontée car elle éclaire sur le tempérament de l'artiste. Les entités complètes furent montrées en 1967 à «La Mutualité» à Paris dans le cadre d'une exposition dédiée au soutien de la lutte vietnamienne contre les Etats-Unis. Par la suite Sergio Birga les remisa car elles présentaient pour lui des défauts de composition mais surtout comportaient des ambiguïtés politiques.AI' époque il considérait en effet ses peintures comme des «armes» anticapitalistes et anti-impérialistes qui ne pouvaient supporter la moindre équivoque dans l'idéologie proposée. D'abord devenues inappropriées dans le cadre d'un strict respect de l'orthodoxie militante, ces œuvres tournèrent par la suite obsolètes dans leur objectif du fait de la fin du conflit «Brûle ce que tu as adoré», le sort des deux tableaux était dorénavant scellé. Quoique mécontent de l'ensemble Sergio Birga n'en trouvait pas pour autant que tout devait disparaître. Au moment de les détruire il décida de préserver les morceaux qui à ses yeux méritaient conservation. Les parties «saines» furent donc découpées au plus juste dans une géométrie très particulière ignorant lignes et angles droits. Ces reliquats de peinture «activiste» furent ensuite roulés et oubliés.




Ce sont eux que Sergio Birga nous a proposés fin 2018. Notre problème fut alors de remettre dans une configuration présentable et autonome des vestiges dont la qualité principale était d'être un témoignage sur des modes d'expression d'un engagement politique aujourd'hui disparus. Nous avons dans un premier temps demandé à Sergio Birga de «re-signer» son travail puisque les marques originales avaient disparu des parties conservées. Par la suite œuvres comme leurs formes très libres interdisaient toute tension classique sur châssis, à moins de perdre encore en surface, nous avons opté pour un marouflage, lequel avait pour avantage de préserver l'aspect de «sauvegarde par reconstruction» de ces œuvres.


Caractéristique que nous avons souhaité souligner à l'aide des deux photomontages suivants :