La 3D en 5G



Galerie Anna-Tschopp vient de revoir le format de ses futures visites virtuelles pour les rendre compatibles avec un visionnage au moyen d’un casque du même nom. Bien qu’y songeant depuis longtemps nous n’avons progressé que lentement sur le sujet car la technologie est relativement nouvelle et de ce fait souvent dans les mains de jeunes entrepreneurs, qui, enthousiastes qu’ils soient sur leurs capacités et le potentiel du marché, peuvent disparaître du jour au lendemain en laissant à leurs clients un produit qu’ils ne savent exploiter. Nous ne nous sommes donc aventurés que sur des techniques que nous maitrisons à peu près et dont nous pensons pouvoir assurer la pérennité par nous-mêmes. Pour certains parmi les plus «geeks» de nos lecteurs l’évolution dont nous faisons état ici est déjà bien dépassée. En effet dès 1994 le film «Harcèlement» faisait du procédé un des ressorts principaux de son scénario. Les possesseurs d’un téléphone portable récent, c’est-à-dire muni d’un gyroscope, ont de leur côté certainement constaté qu’ils n’avaient plus à balayer l’écran avec un doigt pour faire défiler les images de nos visites mais que le simple fait de modifier l’orientation de leur téléphone procurait un effet identique. Il est également possible pour figurer un cadre plus spacieux de placer ce même téléphone dans une «VR box» au prix très attractif mais aux fonctionnalités complémentaires inexistantes. Le visionnage par casque apporte en effet une immersion dans l’environnement qui ne peut en rien se comparer à tout autre moyen de lecture. La sensation d’espace est telle qu’elle peut même provoquer des vertiges et occasionner une perte d’équilibre. C’est pourquoi, pour éviter les chutes ou le mal au cœur, nous préconisons de pratiquer l’activité assis sur un siège pivotant plutôt que debout. Nous ne sommes toutefois pas aussi pointus que les scénaristes hollywoodiens et notre virtualité ne permet pas encore d’ouvrir des tiroirs et de lire les documents qu’ils renferment. L’équipement dont nous disposons ne nous permet ni de marcher concrètement pour nous déplacer fictivement, ni de fixer un point pour nous y télé-transporter. L’usage d’un pointeur laser demeure indispensable pour bouger, s’approcher, appeler les commentaires et les images associés. Cependant l’illusion est déjà suffisante pour que nous envisagions, pour ceux de nos visiteurs qui désireraient en voir plus que l’exposition proposée sur nos murs, de leur faire visiter virtuellement nos réserves. L’expérience pourrait être perçue comme distractive et son paradoxe serait d’augmenter la fréquentation réelle de la galerie au moyen de présentations fantômes. Cependant tout le monde ne vit pas casqué et pour ceux qui préfèrent garder la tête libre nous avons parallèlement conservé notre ancien schéma de visites. La nécessaire cohabitation des deux nous a évidemment obligés à certains aménagements. C’est pourquoi les spots de déplacements ont disparu au profit d’un cercle mouvant qui intensifie sa couleur quand il devient actif. Le visiteur n’est plus obligé de se déplacer par sauts de puce mais peut désormais enjamber l’espace et se positionner directement là où il le désire. Procédé qui doublonne, en partie les propositions de déplacements offertes par les plans de surface positionnés en bas à gauche de l’écran. Parmi les autres modifications, l’ajout, pour les éléments le justifiant, d’un écusson bleu qui quand on le sollicite fait apparaître des informations sur une œuvre ou son auteur. Nous avons évidemment maintenu la faculté de cliquer sur chaque œuvre pour en ouvrir une image de meilleure définition et préciser ses principales caractéristiques. Cependant pour ne pas surcharger la lecture toutes les pièces ne sont pas consultables de tous les points de vue. Seules sont accessibles celles pour lesquelles la main du curseur se transforme et indique «Clic».  A noter pour les sculptures le réel bond qualitatif qu’apporte l’introduction de fichiers vidéos. Ces derniers intègrent de plus une possibilité d’arrêt sur ima-ge fort appréciable pour observer les détails. Enfin notons un dernier ajout que seuls les utilisateurs de casque VR relèveront : une petite icône en forme de masque bleu située juste à côté des flèches de déplacement et des deux boutons de zoom. C’est elle qui, quand on l’active, permet de sortir du visionnage classique en deux dimensions pour entrer dans celui beaucoup plus inclusif de la 3D. Jamais satisfaits par nos acquis nous travaillons bien entendu sur ce  qui pourrait nous mener à la quatrième mais ne parvenons toujours, malgré nos efforts, qu’à  faire parcourir son axe dans le sens positif. Ceci est extrêmement fâcheux car savoir le faire remonter à nos visiteurs serait non seulement très avant-gardiste mais nous assurerait à coup sûr un succès dépassant largement le cadre du monde de l’art. En fameux bricoleurs nous y retournons immédiatement !



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