Valeur d'un tableau, d'un dessin, d'une sculpture



Pour Galerie Anna-Tschopp la valeur d’une œuvre dépend de son «esthétique», de son «sens» et de son «histoire». L’ «esthétique » est le critère le plus versatile de ce qui constitue cette valeur. La notion du beau et les critères par lesquels on peut en juger varient en fonction des époques et des cultures. Galerie Anna-Tschopp est pour sa part attachée à la différenciation que fait Edmund Burke entre le beau et le sublime avec, en ce qui la concerne pour ses choix, une nette prédilection pour le sublime. Le «sens» est la capacité d’une œuvre à s’inscrire dans son époque, qu’elle y participe directement ou en relate simplement les événements. L’artiste, comme le chroniqueur ou le journaliste, est témoin de son temps. Du fait même de son inscription dans une époque, le «sens» lui est lié et disparaît avec elle. Il faut donc considérer que le «sens» n’est pas une valeur inaltérable dans l’évaluation d’une œuvre. «Esthétique » et «sens» sont souvent mêlés dans ce que l’on pourrait appeler le parti pris expressif de l’artiste. C’est à- dire comment ce dernier travestit la représentation de la réalité pour en atteindre une meilleure expression et pour mieux cerner l’idée qu’il veut en donner. L’«histoire» est quant à elle, dans le temps, ce qui distingue une œuvre de ses congénères. Cette différenciation est propre à l’œuvre elle même ou liée à des événements qui lui sont contemporains. Certaines œuvres n’existent qu’en tant qu’éléments indistincts de ce qui constitue la production d’un artiste ou d’un mouvement. Elles entrent alors dans ce qu’on nomme «la cote», c’est-à-dire un élément de base, normé mais sans originalité particulière. Le «marché» se plait cependant à caractériser cette production en périodes, lieux, thèmes pour en établir une hiérarchie d’intérêt et surtout de prix. Cette catégorisation qui confond histoire et chronologie repose plus sur des appréciations esthétiques subjectives et opportunistes que sur des fondements réels. Pour un même artiste le marché accordera ainsi une prime à une «période», à un support ou à un type de «sujet» avant de se retourner et d’en préférer d’autres. Et s’il ne retient pas un patronyme, les œuvres de ce dernier tombent alors au mieux dans une disgrâce qui a pour noms «dans le goût de», «école de», «suiveur de». Sortent des magmas précédents les œuvres qui acquièrent un lustre particulier par leur singularité. On peut citer comme source de cette singularité le romanesque de leur voyage dans le temps, la relation particulière qu’elles ont entretenu avec leur auteur, la renommée de certains de leurs propriétaires, l’éclat de leur entrée dans le monde, les polémiques qu’elles ont pu engendrer ou les censures qu’elles ont dû subir, les affrontements idéologiques qu’elles ont matérialisés, la fascination intemporelle qu’elles exercent sur le public. Autant d’éléments qui leur confèrent une réelle unicité et une identité historique. Ce sont ces œuvres qui bousculent les cotes et les pulvérisent parfois, sans obligatoirement les modifier durablement en vertu du principe que l’exception n’est pas la règle. «Esthétique», «sens», «histoire», quand les trois sont réunis on touche au superlatif. A défaut de toujours regrouper les trois Galerie Anna-Tschopp s’efforce de proposer des œuvres qui en présentent au moins deux. Si «sens» et «histoire» ne figurent pas obligatoirement parmi les premières attentes du public ce sont en revanche, selon nous, les seuls attributs qui maintiendront les propriétaires dans leur désir de conserver leurs œuvres. Le temps créant la raréfaction, l’«histoire» est d’ailleurs la seule propriété qui pourra au final les assurer d’une valeur marchande durable. Mais pour qu’une histoire existe et se transmette il faut qu’elle soit consignée. C’est ici notre avantage, car travaillant en direct avec les artistes nous pouvons recueillir de première main des informations ou en recevoir confirmation. Celles-ci nous permettent d’orienter nos choix y compris vers des œuvres qui ne sont plus disponibles en atelier mais présentes sur le marché. A chaque fois qu’elle le peut Galerie Anna-Tschopp consigne ces informations qui constituent alors une réelle plus-value pour ses clients. Mais par définition la valeur d’«histoire » attend le nombre des années. Dans le cas de jeunes artistes il ne peut donc être question de faire valoir des œuvres en regard d’une «histoire» qui n’existe pas encore. C’est alors pour ces derniers la pertinence du propos, donc le «sens», associée à la concordance du traitement, qui guident notre choix. En espérant que ce «sens» soit celui de l’ Histoire.