Sergio Birga

 

« Gas »



Sergio Birga

« Gas »

Série « Soutien au Vietnam »

Huile sur toile – 1967 – 60 x 92 cm

Signature en bas à droite - Signature, titre et date au dos

Provenance : atelier de l'artiste

Series « Soutien au Vietnam »

Oil on canvas – 1967 – 60 x 92 cm

Signed lower right - Signature, title, and date on the reverse

Origin : artist's studio


Informations connexes :

Autres vues :


Le mot du marchand

à propos de la série : les peintures d’histoire ont souvent leur histoire. En général les conditions troublées de leur genèse les prédisposent à en avoir une. Celle de la série «Soutien au Vietnam» commence en 1966 avec les inondations sans précédent de Florence (Italie). En novembre le niveau de l’Arno monte de plusieurs mètres et la crue noie toute la ville faisant 17 morts. Quand l’eau se retire les dégâts sont gigantesques et, en ce qui concerne notre petite histoire, incluent les entrepôts d’un important marchand de toiles. Ces dernières ont vu l’eau et sont maculées de taches de mazout. Sergio Birga et son complice Vito Tongiani, deux artistes désargentés, négocient à bon prix 30 mètres de toile, initialement de haute qualité mais bradés car endommagés. Les deux compères se partagent le lot, Vito Tongiani conservant la partie la plus mazoutée. Ils peignent en 1967 avec ce matériel une série d’œuvres protestant contre l’engagement américain au Vietnam. Ces dernières sont présentées à «la Mutualité» dans le cadre de l’exposition «6 heures pour la victoire du Vietnam». On peut remarquer à ce sujet que 6 heures, ce n’est pas trop pour un pays en guerre d’indépendance depuis déjà  25 ans à l’époque. Certaines toiles sont ensuite exposées au Palazzo Comunale di Tivoli à Rome en 1968. La totalité du travail de Sergio Birga est de nouveau présentée au Pavillon d’Italie de la Cité Universitaire à Paris en 1969. «Totentanz» et «La Grande Société» sont montrées au salon de la Jeune Peinture la même année. La série se met ensuite à voyager, principalement en Italie, et est progressivement dispersée auprès de collectionneurs privés ou institutionnels. L’histoire ne s’arrête cependant pas là pour «Agression US». En effet l’eau et la pollution ont fragilisé le support. La toile, préparée par l’artiste sur sa surface à peindre, ne l’a pas été sur sa surface de fixation au châssis. Dans le temps cette dernière se délite et, si l’œuvre en elle-même demeure intacte, il devient impossible de la maintenir sur châssis. Elle poursuit donc sa carrière roulée. La restauration entreprise par la galerie Anna-Tschopp pour pouvoir la fixer de nouveau sur châssis montrera que le châssis initial comportait probablement un défaut d’équerrage et qu’il a transmis cette particularité à l’œuvre dont les bords ne sont pas perpendiculaires. L’examen du châssis de «La Grande Société», qui, lui, est d’origine, confirme d’ailleurs cette hypothèse. Quelle qu’en soit la raison le restaurateur a dû user de tout son savoir faire pour dissimuler ce manque d’aplomb ; et avec suffisamment de talent pour que l’artiste lui-même ne puisse déceler «l’erreur». Aujourd’hui, «Agression US», renforcée, chaussée de neuf, est désormais prête à affronter sereinement l’avenir.

La galerie Anna-Tschopp rêvait de joindre «Totentanz» à «La Grande Société» et à «Agression US» pour réunir en une seule main les trois plus grands formats de la série. Le Musée d’Histoire Contemporaine des Invalides, dont l’objet est de réunir des œuvres et documents de la vie politique et sociale de 1870 à nos jours, en a décidé autrement en acquérant «Totentanz» pour la joindre à ses collections. Les amateurs pourront désormais la voir à Paris en compagnie d’autres signées Bonnard, Maurice Denis, Dufy, Erro, Fromanger, Léger, Télémaque, Valloton, Velickovic, Vuillard, Zadkine et beaucoup plus encore.

à propos de l'oeuvre : « Gas » est la partie centrale de la moitié supérieure d’un tableau détruit par son auteur. L’œuvre complète fut montrée en 1967 à «La Mutualité» à Paris dans le cadre d’une exposition dédiée au soutien de la lutte vietnamienne contre les Etats-Unis. Par la suite Sergio Birga la remisa car elle présentait pour lui des défauts de composition et surtout une ambiguïté polique. A l’époque Il considérait en effet ses peintures comme des «armes» anticapitalistes et anti-impérialistes qui ne pouvaient supporter la moindre équivoque dans l’idéologie proposée. D’abord devenue inappropriée dans le cadre d’un strict respect de l’orthodoxie militante, « Charge » tourna par la suite obsolète dans son objectif du fait de la fin du conflit. Quoique mécontent de l’ensemble pour les raisons exprimées ci-dessus, Sergio Birga n’en trouvait pas pour autant que tout devait disparaître. Au moment de la détruire il décida de préserver ce qui à ses yeux méritait conservation. La partie «saine» fut donc découpée au plus juste dans une géométrie très particulière ignorant lignes et angles droits. Ce reliquat de peinture «activiste» fut ensuite roulé et oublié. Connaissant notre intérêt pour la série « Soutien au Vietnam » Sergio Birga l’a recherché et nous l’a proposé fin 2018. Notre problème fut alors de remettre dans une configuration présentable et autonome un vestige dont la qualité principale était d’être un témoignage sur des modes d’expression d’un engagement politique aujourd’hui disparus. Nous avons dans un premier temps demandé à Sergio Birga de «re-signer» son travail puisque les marques originales avaient disparu de la partie conservée. Par la suite comme sa forme très libre interdisait toute tension classique sur châssis, à moins de perdre encore en surface, nous avons opté pour un marouflage, lequel avait pour avantage de préserver l’aspect de «sauvegarde par reconstruction» de cette œuvre. Caractéristique que nous avons souhaité souligner à l’aide d’un photomontage replaçant la partie épargnée dans son tout original.

 

Expositions et référencement :

1967 « 6 heures pour le Vietnam » à la Mutualité à Paris

1968 Palazzo Comunale di Tivoli

1968 Salon de la Jeune Peinture et Pavillon d'Italie de la Cite Universitaire (Paris)

1972 Sala reale delle Cariatidi de Milan

Une de ces pièces (Totentanz) est maintenant la propriété du musée d'Histoire Contemporaine – Hôtel des Invalides à Paris. Les autres sont réparties dans des collections privées en France et en Italie. 

Word from the merchant

related to the series : history paintings often have their story. In general the troubled conditions of their genesis predispose them to have one. That of the series «Soutine au Vietnam» begins in 1966 with the unprecedented floods of Florence (Italy). In November the level of the Arno rises several meters and the flood drowns the whole city, killing 17 people. When the water recedes the damage is huge and, as far as our little story goes, include the warehouses of a major canvas merchant. These latter have seen the water and are stained with oil blots. Sergio Birga and his accomplice Vito Tongiani, two penniless artists, negotiate at a good price 30 meters of canvas, initially of high quality but sold off as damaged. The two friends share the lot, Vito Tongiani retaining the most oiled part. In 1967 they painted with this material a series of works protesting against the American engagement in Vietnam. These are presented at «La Mutualité» as part of the exhibition «6 heures pour la victoire du Vietnam». We can notice in this regard that 6 hours are not too much for a country involved in a independence war since already 25 years at that time. Some paintings are then exhibited at the Palazzo Comunale di Tivoli in Rome in 1968. The entire work of Sergio Birga is again presented in the Pavilion of Italy at the Cité Universitaire in Paris in 1969. «Totentanz» and «La Grande Société» are shown at the Salon de la Jeune Peinture the same year. The series then travels, mainly to Italy, and is gradually dispersed to private or institutional collectors. The story does not stop there for «Agression US». Indeed water and pollution have weakened the support. The canvas, prepared by the artist on its surface to be painted, was not that way for the part mounted on the frame. In time the latter disintegrated and, if the work itself remained intact, it became impossible to maintain it on the frame. She continued its career rolled. The restoration undertaken by Galerie Anna-Tschopp to be able to fix it again on a frame will show that the initial frame probably had a squareness defect and that it had transmitted this particularity to the work whose edges are not perpendicular. The close examination of the frame of «La Grande Société», which is the original one, confirms this hypothesis. Whatever the reason, the restorer had to use all his know-how to hide this lack of straightness ; and with enough talent so that the artist himself could not detect «the trickery». Today, «Agression US», reinforced, well fitted in its new frame, is now ready to face the future serenely. Galerie Anna-Tschopp had the dream of joining «Totentanz» with «La Grande Société» and «Agression US» to bring together in one and only hand the three largest formats of the series. The «Musée d’Histoire Contemporaine des Invalides», whose purpose is to gather works and documents of french political and social life from 1870 to the present, has decided otherwise by acquiring «Totentanz» to join it to its collections. Fans can now see it in Paris along with others from Bonnard, Maurice Denis, Dufy, Erro, Fromanger, Léger, Telemaque, Valloton, Velickovic, Vuillard, Zadkine and many more.

related to the work : "Gas" is the central part of a painting's top half destroyed by its author. The full work was shown in 1967 at "La Mutualité" in Paris as part of an exhibition dedicated to supporting the Vietnamese struggle against the United States. Subsequently Sergio Birga shelved it because it presented in his eyes flaws of composition and especially a political ambiguity. At the time, he considered his paintings as anticapitalist and anti-imperialist "weapons" that could not bear the slightest equivocation in the proposed ideology. At first inappropriate for strict adherence to militant orthodoxy, "Charge" turned out to be obsolete in its purpose because of the end of the conflict. Although dissatisfied with the whole for the reasons expressed above, Sergio Birga did not find that everything should disappear. At the moment of destroying it he decided to preserve what for him deserved to be saved. The "sane" part was therefore cut to the most restricted portion in a very particular geometry taking no account of right lines and right angles. This residue of "activist" painting was then rolled and forgotten. Knowing our interest in the series "Soutien au Vietnam" Sergio Birga has looked for it and proposed it to us at the end of 2018. Our problem was then to put in a presentable and autonomous configuration a vestige whose main quality was to exist as a testimony on political commitment's expression modes that have now disappeared. We first asked Sergio Birga to "re-sign" his work since the original marks had been cut off from the preserved part. Subsequently, as its very free form prohibited any conventional tension on a frame, unless losing still more surface, we opted for a marouflage, which had the advantage of preserving the aspect "safeguarded by reconstruction" of this work. Characteristic that we wanted to highlight with a photomontage replacing the spared part in its original. 

 

Exhibitions and referencing

1967 «6 heures pour le Vietnam» at «La Mutualité» in Paris

1968 Palazzo Comunale di Tivoli

1968 Salon de la «Jeune Peinture» and Pavillon de l’Italie de la Cité Universitaire (Paris)

1972 Sala reale delle Cariatidi from Milan

2007 «Sergio Birga» retrospective built by Villa Tamaris in La Seyne-sur-mer (83) - Reproduced on page 32 of the catalog.

Œuvre initiale :


Œuvres de la même série :


 Œuvre de la même série appartenant aux collections du musée des Invalides à Paris :