Gérard Fromanger - Biographie / Biography



Gérard Fromanger est né à Pontchartrain (78) en 1939. Après une scolarité classique il suit les cours de dessin et peinture de «l’Académie de la  Grande Chaumière» et ceux de la Ville de Paris. Il intègre les Beaux-Arts mais en interrompra assez vite le cursus pour travailler dans l’atelier du sculpteur César. L’homme sait ce qu’il veut et fait peu de concessions, ce qui dès le début de sa carrière lui valut quelques inimitiés et d’être considéré comme difficile et dérangeant. En attestent les nombreux rejets  auxquels il a souvent été exposé. «Le Prince de Hombourg», toile aujourd’hui emblématique, est refusée par le jury de la «Jeune Peinture» en 1965.  En 1968 lors d’une assemblée générale aux Beaux-Arts une de ses affiches est également refusée car jugée trop violente. Certains exemplaires d’une déclinaison sérigraphique de celle-ci sont aujourd’hui la propriété de nombreux musées ou collections dans le monde. Mais si Gérard Fromanger ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs, une autre constante de sa carrière est l’attrait que son travail a toujours exercé sur un certain nombre d’intellectuels, au point que nombre d’entre eux ont éprouvé l’envie, à un moment ou à un autre, d’écrire sur lui ou sa peinture. Daniel Arasse, Bernard Ceysson, Jean-Luc Chalumeau, Régis Debray, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Félix Guattari, Alain Jouffroy, Serge July, Catherine Millet, Michel Onfray, Jacques Prévert, etc. Dans le petit monde de la peinture en France qui peut dire mieux ? On touche d’ailleurs ici à un des fondements de son travail : l’influence des rencontres ou des événements sur ce dernier. L’artiste devient alors un interlocuteur d’historiens, de journalistes, de poètes, de philosophes mais en substituant au langage des moyens picturaux propres, développés à cet effet. Sa vie, ses expériences personnelles deviennent centrales dans son œuvre comme en atteste les nombreux autoportraits intégrés dans des scènes plus vastes. Gérard Fromanger se définit d’ailleurs volontiers comme un peintre d’histoire. «Son» histoire et l’histoire de son temps assurément mais aussi, ce qui en fait sa singularité, le matériau dont est fait l’histoire si on considère que celle-ci, dans une sorte de glissement temporel ininterrompu, se compose tout autant d’hommes qui la font que d’actes ou de réalisations qui la prolongent. Les hommes font l’histoire et l’histoire est leur mémoire. La toile «Noire, nature morte» de la série «Quadrichromies» est exemplaire à ce titre. Un flux continu de peintres et de sculpteurs, tous nommés dans une même typographie, sans plus d’accentuation sur les uns que sur les autres, défilent en rang compact et s’ajoutent linéairement sur un fond anthracite uni. Ce mémorial s’interrompt par une virgule pour laisser l’histoire se poursuivre et la mémoire se continuer. Extraordinaire hommage d’un artiste à ses pairs. La série «Bastille-Dérives» est également remarquable dans la formidable efficacité de l’imbrication des moyens et du propos. Des lignes de couleurs cernent et décrivent successivement, dans un parcours apparemment aléatoire, des architectures puis des passants avant de mailler la retranscription du plan urbain des lieux. Incroyables résumés des interconnexions qui font la vie et l’histoire d’un quartier de grande métropole. On peut évidemment remarquer que le choix des lieux évoqués par l’artiste tout au long de sa carrière est orienté. Il s’agit toujours de quartiers populaires : La Bastille et Les Grands Boulevards le plus souvent. Car pour Gérard Fromanger le peuple est l’âme de l’histoire, son acteur essentiel. Celui sans qui rien n’existe et rien ne se fait de durable. C’est lui qui saigne dans ses drapeaux des années 60, c’est encore lui qui sous forme d’ombres colorées anonymes et interchangeables anime la plupart des œuvres.

Mais Gérard Fromanger est avant tout un peintre et aborder son œuvre uniquement au travers d’une thématique en omettant totalement les moyens plastiques mis en œuvre pour la traiter serait par trop réducteur. Une des principales caractéristiques de sa pratique, celle qui traverse tout son œuvre, est l’utilisation de la couleur. Cette dernière est probablement l’élément principal du renouvellement de son travail au cours des différentes séries qui le jalonnent. Elle peut être le sujet même du tableau comme dans la série «Questions» ou intervenir comme un élément signifiant. Soit que l’artiste établisse une sorte de nomenclature de l’utilisation de ses couleurs, lesquelles au cours d’une série reviennent souligner un propos à la manière d’un leitmotiv dans un opéra ; soit qu’elle y définisse une déclinaison d’impressions possibles par l’introduction d’une dominante de fond à chaque fois différente. Cette utilisation très conceptuelle de la couleur ne doit toutefois pas en occulter une autre, plastique, tout aussi importante, pour laquelle les mots harmonie, équilibre, composition prennent un véritable sens et montrent que Gérard Fromanger, pour engagé qu’il soit dans une démarche personnelle, ne s’exclut pas pour autant des enjeux techniques, théoriques et historiques de la peinture. 

Enfin un «détourage» de l’œuvre de Gérard Fromanger ne saurait être complet sans aborder les portraits dessinés. Souvent éliminé de la catégorie par des «puristes» car pratiquant la projection d’image pour ses réalisations il n’en est pas moins un des acteurs les plus novateurs du dessin contemporain, l’un des rares, si ce n’est le seul, à s’affranchir réellement, et du modelé et du trait de contour. Son travail s’appuie sur le processus de la vision c’est à dire la reconnaissance que fait le cerveau des informations colorées perçues par la rétine puis leur interprétation et leur identification en tant que forme. A l’instar de la série «Bastille-dérives» des lignes de couleurs issues d’un bord de la feuille de papier errent et «dérivent en traçant des pistes dans les déserts de l’ombre et de la lumière». Sorties de la feuille par un autre bord leur complémentarité quoique discontinue est toutefois suffisante pour permettre d’identifier très précisément un visage. Le spectateur ne peut alors que se ravir de la vérité de reproduction en regard de l’économie des moyens usés pour y parvenir.

Tout à la fois conceptuel, novateur, classique, Gérard Fromanger est probablement l’un des très grands artistes de sa génération et certainement l’un des plus imités. Le recul du temps permet de mieux percevoir l’originalité d’une démarche mise en place dans les années soixante et l’exploration méthodique des diverses propositions offertes par cette démarche. Peu d’artistes proposent une telle capacité de renouvellement dans un cadre imposé aussi étroit. Il est un des rares à avoir su asservir une technique et ses moyens à un propos sans jamais quitter le medium qui est le sien : la peinture. Son influence dépasse aujourd’hui largement le domaine de cette peinture pour s’étendre sur le monde beaucoup plus vaste de la publicité et de l’image en général.

Gérard Fromanger was born in Pontchartrain (78) in 1939. After a classic education he studies drawing and painting at the «Académie de la Grande Chaumière» and at the City of Paris. He enters the Fine Arts but quickly drops out to work in the workshop of the sculptor César.

The man knows what he wants and makes few concessions, which early in his career earned him some enmities and to be considered difficult and disturbing. As evidenced by many a rejection that he was often exposed to. «The Prince of Homburg», today an iconic painting, is rejected by the «Young Painting» jury in 1965. In 1968 for a Fine Arts general assembly one of his posters is also rejected because it was considered too violent. Copies of a silkscreen variation of it are now owned by many museums and collections around the world. But if Gérard Fromanger does not create unanimity among his peers, another permanent feature in his career is the attraction that his work has always exercised on a number of intellectuals, to the point that many of them have, sometime, felt the desire to write about him or his work. Daniel Arasse, Bernard Ceysson, Jean-Luc Chalumeau, Régis Debray, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Félix Guattari, Alain Jouffroy, Serge July, Catherine Millet, Michel Onfray, Jacques Prévert, etc… In the small world of painting in France, who can say better? Here we also touch one of the foundations of his work: the influence of encounters or events on it. The artist then becomes the interlocutor of historians, journalists, poets, philosophers, but substituting to the language his own pictorial means, developed for the purpose. His life, his personal experiences become central in his work as showed by the numerous self-portraits embedded in wider scenes. Besides Gérard Fromanger often defines himself as a history painter. «His» own history and the history of his time certainly, but also, and that makes him unique, the material from which history is made of. Indeed, he considers that history, in a sort of uninterrupted temporal sliding, is equally composed by men who make it and by the actions or achievements that extend it. Men make history and history is their memory. The painting «Noire, nature morte» from the series «Quadrichromie» is exemplary in this respect: A continuous flow of painters and sculptors, all of them named in the same typography, without any emphasis on one or the other, march as a compact line and add themselves in a linear fashion to a plain anthracite background. This memorial is interrupted by a comma to let history and memory continue. Extraordinary tribute by an artist to his peers. The series «Bastille-Dérives» is also remarkable in the great efficiency of the interlocking of means and purpose. In a seemingly random way, coloured lines successively outline and describe architectures and bystanders, before mapping the retranscription of the urban plan of the area. Incredible summaries of the interconnections that make the life and history of a metropolis neighbourhood. We can obviously notice that the choice of the places evoked by the artist throughout his career is oriented. It is always popular neighbourhoods: Most often La Bastille and the Grands Boulevards. Because for Gérard Fromanger the people is the soul of history, its key player. The one without whom nothing exists and nothing is lasting. It is the one bleeding in his 60s flags. Again it is the one who animates most of his works as coloured anonymous and interchangeable shadows.

But Gérard Fromanger is primarily a painter and addressing his work only through a thematic, completely omitting the plastic means, would be far too simplistic. One of the features of his practice, which runs through all his work, is the use of colour. Colour is probably the main element of the renewal of his work in its various series. It can be the very subject of the painting as in the series «Questions» or act as a meaningful element. Either the artist establishes a kind of nomenclature of the use of his colours, which in a series come back to emphasize a purpose like a leitmotif in an opera; Or it defines a variation of possible impressions thanks to the introduction of a dominant background each time different. This very conceptual use of colour, however, should not overshadow another equally important one, plastic, in which the words harmony, balance, composition take a real meaning and show that Gérard Fromanger, as committed as he is to a personal process, does not necessarily waive the technical, theoretical and historical challenges of painting.

Finally a tour of Gérard Fromanger’s work would not be complete without addressing the drawn portraits. Often removed from the category by the «purists» because he projects an image for his realisations, still he is one of the most innovative actors in contemporary drawing, one of the few, if not the only one, to actually free himself from the shape and the contours. His work is based on the process of vision, ie the recognition that the brain does of the colour information perceived by the retina and its interpretation and identification as a form. Like the series “Bastille-Dérives», coloured lines starting from an edge of the paper wander and «drift, drawing tracks in the deserts of shadow and light. « Out of the sheet through another edge, they complete one another, though discontinuously, and it is sufficient to identify a face very precisely. The viewer can then only enjoy the sincerity of reproduction in relation to the economy of means spent to get there.

At once conceptual, innovative, classic, Gérard Fromanger is probably one of the very great artists of his generation and certainly one of the most imitated. Hindsight enables to better perceive the originality of an approach developed in the sixties and the methodical exploration of the various propositions offered by this approach. Few artists offer such a capacity for renewal within such a narrow imposed framework. He is one of the few that has managed to ply a technique and its means to a purpose without ever leaving his own medium: painting. Nowadays his influence goes far beyond the scope of painting to extend over the much wider world of advertising and image in general.


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