Marc Petit - Biographie / Biography



Né en 1961 à Saint Céré dans le Lot, c’est à Cahors, où il passe son enfance, qu’il réalise ses premières pièces à l’âge de 14 ans. Il y côtoie deux sculpteurs, anciens élèves des beaux arts de Paris, qui corrigent régulièrement son travail : René Fournier et Jean Lorquin. Il obtient un prix de la Fondation de France en 1989 et un autre en 1993 de la Fondation Charles Oulmont. Depuis son travail a su séduire galeries et collectionneurs, avec pour point d’orgue actuel l’ouverture à Ajaccio, en Corse, d’un musée qui lui est dédié. Tout au long de ces années Marc Petit ne s’est pas départi de son sujet principal. Il parle de l’homme et de sa condition, de la trajectoire qui le mène de la naissance à la mort.  Trajectoire solitaire et corrélative d’une suite de transformations lentes mais continues de la matière. Marc Petit sculpte l’humanité, la part indicible, sui generis, de nous-mêmes. Il enlève la chair, déforme les membres, scarifie la peau pour ne laisser subsister que ce lien immatériel qui n’appartient qu’à nous. Il fait siennes les conceptions de Germaine Richier : «La vie n’appartient pas toujours aux choses sereines» ou de Bourdelle : «La sculpture est l’art de l’intérieur». Souvent comparé à Giacometti il en diffère radicalement par le fait que le Maître Suisse comprime l’espace alors que lui même le développe. Regardé comme un expressionniste, un recul de 30 ans montre que son travail définit un spectre beaucoup plus large et qu’il dépasse largement les classifications. En fait aborder ce travail sous l’angle exclusif du «thème» ne saurait rendre compte qu’incomplètement de l’oeuvre. Il faut également engager le regard, à part égale, sous l’angle de la «ligne» pour en saisir la plénitude. Pour ce qui concerne la thématique, les sculptures de Marc Petit sont notre actualité et notre devenir. Elles «sont» la condition humaine et l’acceptent sans toutefois se départir d’une certaine sérénité vis-à-vis de celle-ci. Car si il y a souffrance, il n’y a jamais complaisance. Elles contemplent cette condition, l’envisagent avec étonnement et résignation. Décharnées, creuses, cadavériques elles sont en complet porte à faux avec les aspirations chimériques de la société dans laquelle elles sont nées, où la mort est évacuée, où les corps, industrie cosmétique aidant, sont espérés devenir inaltérables. Ployées sous le joug de la vie, assises, contemplatives elles sont silence et invitent à considération. Chez Marc Petit personne n’échappe à ce traitement radical : les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les anges, les Dieux. Mais cette thématique, aussi puissante soit-elle dans son expression, ne doit pas masquer l’autre aspect de l’oeuvre de Marc Petit. La recherche sur «la ligne». Marc Petit «dépasse» l’expressionnisme, qui n’est pour lui qu’un moyen pour atteindre la ligne, la forme, le coeur même de la sculpture. Comment faire pour que la courbe d’une nuque englobe celle d’un bras ? Comment faire pour qu’elle se fonde dans celle d’un dos, comment faire pour qu’elle appelle celle d’une jambe ? Suivant le point de vue l’oeil suit une ligne, comme une courbe de niveau et passe ainsi d’un membre à un torse puis encore à un autre membre. Et chaque point de vue crée de nouvelles courbes qui toutes découvrent d’autres parcours, inscrivent différemment le sujet dans l’espace. Car par son élan la ligne peut se continuer dans l’espace et inclure ce dernier dans la sculpture ou au contraire par son repli sur elle même l’en exclure. Un bras peut ainsi biffer transversalement une pièce, l’isoler, la retenir prisonnière ou au contraire en s’ouvrant lui livrer l’espace extérieur, l’incorporer. Le tout dans la recherche d’un minimum de moyens pour y parvenir. Quand Marc Petit estime qu’il y a redondance alors il creuse, retire de la matière, et élimine tout ce qui ne participe pas directement à la construction de la ligne. De fait Marc Petit ne peut être résumé à une expression ou à un style. Marc Petit c’est aussi, et de plus en plus, une écriture.

Born in 1961 in Saint Céré in the Lot, he spends his childhood in Cahors, where he realizes his first pieces, at the age of 14. There he is meets two sculptors, former students of Paris Fine Arts, who correct regularly his work: René Fournier and Jean Lorquin. He receives an award from the Fondation de France in 1989 and another one in 1993 from the Fondation Charles Oulmont. Since that his work has seduced galleries and collectors, with a present climax in the opening of a museum dedicated to him in Ajaccio, Corsica. Throughout all these years Marc Petit did not abandon his main subject. He speaks about the man and his condition, about the trajectory that leads him from birth to death. A trajectory that is solitary and correlate to a continuation of slow but steady alterations of the matter. Marc Petit sculpts humanity, the unspeakable part, sui generis, of ourselves. He removes the flesh, distorts the limbs, scarifies the skin to leave only this immaterial bond that just belongs to us. He adopts the conceptions of Germaine Richier: «life does not always belong to the serene things» or of Bourdelle: «sculpture is the art of the inside». Often compared with Giacometti he radically differs from him by the fact that the Swiss master compresses space while he expands it. Considered as an expressionist, a 30-year hindsight shows that its work defines a much wider spectrum and that it goes much beyond classifications. In fact approaching this work under the exclusive angle of the «theme» would describe only partially the work. It is also necessary to engage the look, in equal part, under the angle of the «line» to seize its fullness. As regards to the theme, Marc Petit’s sculptures are our present and our future. They «are» the human condition and accept it without however losing some serenity towards it. Because although there is suffering, there is never self-indulgence. They contemplate this condition, consider it with surprise and resignation. Fleshless, hollow, cadaveric, they are the duality of the chimeric hopes of the society in which they were born, where death is shrugged off, where bodies, with cosmetic industry helping, are wished unalterable. Bent under the yoke of life, sitting, contemplative they are silence and invite to consideration. For Marc Petit no one escapes this radical treatment: men, women, youths, elders, angels, Gods. But however powerful this theme is in its expression, it should not hide the other aspect of Marc Petit’s work. The research on «the line». Marc Petit «exceeds» expressionism, which is for him only a means to reach the line, the shape, the very heart of the sculpture. How to make the curve of a nape encompass that of an arm? How to make it blend with that of a back, call for that of a leg? According to the point of view the eye follows a line, like a contour line, and so goes from a limb to a chest then again to another limb. And each point of view creates new curves that uncover other paths, place the subject differently in the space. Because by its impetus the line can continue in the space and include this last one in the sculpture or, on the contrary, by turning inwards can even exclude it. Thus an arm can transversely cross off a piece, isolate it, hold it as a prisoner or on the contrary, by opening, can grant it the outside space, incorporate it. All this with the search for a minimum of means to get there. When Marc Petit considers there is redundancy then he digs, removes matter, and eliminates everything that does not participate directly in the construction of the line. Indeed Marc Petit cannot come down to an expression or to a style. Marc Petit is also, and more and more, a writing.


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France

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