Vladimir Velickovic

 

« Blessure Fig II »




Vladimir Velickovic

« Blessure Fig II »

Huile sur toile – 1993/94 - 210 x 150 cm

Signature et date au dos.

Provenance : atelier de l'artiste

Oil on canvas – 1993/94 – 210 x 150 cm

Signature and date on the reverse

Origin : artist's studio

 

« Blessure FigII » est référencée dans les catalogues des expositions

"Blessure FigII" is referenced in the exhibition catalogs

Vladimir Velickovic – Œuvres / Opere 1973-1996 – Institut Français de Naples

Vladimir Velickovic – Barbarie di guerra, pulsioni di morte – Palazzo Magnani

Vladimir Velickovic - Les Versants du Silence - Les Abattoirs de Toulouse

 

« Blessure FigII » est également référencée dans le livre récaptitulatif

"Blessure FigII" is also referenced in the recapitulatif book

Vladimir Velickovic - Peinture 1954 > 2013 - Gourcuff-Gradenigo


Informations connexes :

 Autres vues :


Le mot du marchand

à propos de l'oeuvre : cette œuvre a été commencée au mois de septembre 1993. Vladimir Velickovic en a réalisé une ébauche approfondie en deux semaines, puis la reprise plusieurs fois à intervalles divers pour enfin la signer en mars 1994. «Blessure Fig II» reprend et développe un élément d’un tableau quadripartite de 1993 intitulé «1992 Fig III». Elle s’inscrit dans une série de 5 tableaux nommés de Fig I à Fig V, eux mêmes inscrits dans la série plus large des « Blessure », série qui a vu le jour en 1991 et que l’artiste a interrompu en 2001. Caractéristique de la période postérieure à 1989 elle est peinte sur la partie écrue de la toile, la partie apprêtée blanche de cette dernière se trouvant au dos. Les éléments iconographiques récurrents de la série y sont figurés tels la ligne blanche sur laquelle gît le corps et l’étiquette de morgue attachée à son poignet. On peut aussi noter la crispation de la main gauche du corps, élément graphique abondamment développé au travers de la série «Grünewald». Le fond est uni, noir. Rien ne vient distraire l’œil qui n’a d’autre choix que de constater la seule crudité des faits. Au cours de discussions Vladimir Velickovic nous a souvent confié que du fait de sa culture il avait une propension à vouloir en dire trop en une seule œuvre et qu’une grande partie de son travail consistait à traquer et éliminer ce qu’il nommait l’anecdotique. Le dépouillement extrême de «Blessure Fig II» montre qu’il a ici totalement remporté ce combat contre lui-même. On peut d’ailleurs en voir des traces dans les différences de profondeur du noir du fond dont les nuances trahissent probablement des détails recouverts. Assez inhabituellement le cadavre est lié et habillé, ôtant ainsi toute interprétation métaphysique ou allégorique. Nous sommes ici en présence d’un acte commis par des humains, un crime délibéré dont les auteurs n’ont cherché ni à masquer la brutalité ni à dissimuler les traces. Le visage mutilé du personnage tourné vers le spectateur semble simplement le prendre pour témoin. Rien de plus n’est dit et c’est à l’imagination de l’observateur qu’est confié de reconstruire la lugubre scénographie antécédente. Cette toile est très particulière dans l’œuvre de l’artiste au sens où, à notre connaissance, elle est la seule où le cadavre porte un linge, la seule où les mains du cadavre sont liées dans le dos et aussi la seule où la tête, non détachée du corps et relativement bien matérialisée, est tournée vers le spectateur.

Word from the merchant

related to the work : this work was started in September 1993. Vladimir Velickovic made a thorough draft in two weeks, then resumed it several times at various intervals to finally sign it in March 1994. "Blessure Fig II" takes back and develops an element of a quadripartite painting of 1993 entitled "1992 Fig III". It is part of a series of 5 paintings named Fig I to Fig V, themselves inscribed in the wider series of "Blessure", a series that began in 1991 and that the artist interrupted in 2001. Characteristic of a later period than 1989 it is painted on the raw part of the canvas, the white primed part of it being on the reverse. The recurring iconographic elements of the series are depicted such as the white line on which lies the body and the morgue label attached to his wrist. We can also note the twitching of the body's left hand, graphic element abundantly developed through the series "Grünewald". The background is plain, black. Nothing distracts the eye which has no choice but to see the rawness of the facts. During discussions, Vladimir Velickovic often confided to us that, due to his cultural background, he had a tendency to want to say too much in a single work, and that a large part of his task consisted of tracking down and eliminating what he called the ‘anecdotal’. The extreme simplicity of ‘Blessure Fig II’ shows that here he has completely won this battle against himself. Traces of this can be seen in the variations in the depth of the black background, whose nuances likely betray details that have been covered up. Quite unusually the corpse is bound and dressed, thus removing any metaphysical or allegorical interpretation. We are here in the presence of an act committed by humans, a deliberate crime whose authors have sought neither to hide the brutality nor to cover up the traces. The character's mutilated face is turned towards the spectator and seems to simply take him for a witness. Nothing more is said and it is to the observer's imagination that is entrusted to rebuild the gloomy previous scenography. This painting is very particular in the work of the artist in the sense that, to our knowledge, it is the only one where the corpse wears a cloth, the only one where the corpse hands are bound in the back and also the only one where the head, not detached from the body and relatively well materialized, is turned towards the spectator.


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