Vladimir Velickovic

« Corbeau »

Huile sur toile – 2008 - 116 x 89 cm – Encadrée d'origine [121,5 x 94,5 cm]

Signature, titre et date au dos.

Provenance : Atelier de l'artiste

Oil on canvas – 2008 – 116 x 89 cm – Framed from origin [121,5 x 94,5 cm]

Signature, title and date on the reverse

Origin : artist's studio




Le mot du marchand :

Vladimir Velickovic nous a un jour confié que, de sa culture d’Europe de l’est, il aurait hérité d’une certaine tendance à vouloir trop dire en une seule fois et que le regard critique qu’il porte à chacune de ses œuvres consiste essentiellement à la réduire à l’essentiel, à en éliminer ce qu’il nomme « l’anecdotique ». De ce point de vue « Corbeau » est une des très grandes réussites de l’artiste et représente un aboutissement de ce qu’il cherche à exprimer et des moyens qu’il met en œuvre pour y parvenir. La toile est signée au et datée au dos, mais le recto porte également plusieurs de ses signatures habituelles : la présence d’un panonceau de danger à tête de mort, un trou dans la terre sur le pourtour duquel gravitent des corbeaux, un ciel de suie traversé des lueurs d’un incendie. Le décor étant planté, vient le sujet principal : le corbeau et le poteau sur lequel il est perché. Ce poteau est-il vraiment au premier plan, ou bien sa taille disproportionnée montre-t-elle simplement son importance dans la scène, un peu comme la taille définit la hiérarchisation des personnages dans la peinture médiévale ? Nous optons pour la seconde solution car le minuscule reflet rouge sur le plumage du corbeau ne peut s’expliquer que par la proximité de ce dernier avec l’incendie. Le poteau quant à lui est peint a minima. Seule la partie « utile », celle qui supporte l’oiseau est détaillée. Le soubassement est juste esquissé. Le dessin c’est l’idée et quand l’idée est acquise, il n’est nul besoin de la développer. Dans d’autres œuvres le fil de clôture qui délimite l’espace dangereux est remplacé par un grillage qui hachure l’image et lui donne son dynamisme. Ici rien de tel, l’étai brisé du poteau qui flotte au vent suffit à conférer ce dynamisme en fouettant la scène. Il est également la marque d’une désolation extrême. Un peu comme des volets qui battent au vent sont symboliques d’une demeure abandonnée. Quant au corbeau il s’impose dans l’image par le fort contraste chromatique qui le détache de son environnement. Mais l’œuvre recèle une dimension supplémentaire par la représentation aux trois-quarts effacée mais toujours présente d’une échelle, vestige probable d’une version antérieure dont l’artiste n’a pas voulu supprimer totalement la trace. Une échelle est avant tout une construction matérialisant le découpage d’une distance en degrés réguliers. Elle constitue donc un outil dont la réalisation ne peut être attribuée qu’à une réflexion. L’échelle induit ici une présence humaine car elle est caractéristique de son intelligence. On peut également noter que dans la tradition occidentale l’échelle est souvent liée à la présence d’une potence et est un élément récurrent de la représentation des calvaires. En conséquence elle constitue ici pour nous un élément cognitif essentiel du tableau. La terre brûlée, les lueurs d’incendie, la clôture endommagée, la présence des corbeaux, oiseaux des charniers, tout ceci a probablement l’homme pour origine. Le corbeau, oiseau opportuniste, ne fait que profiter de cette tragédie. Rien ne suggère l’époque à laquelle se produisent les faits mais pour le corbeau, quelle que soit cette époque la suppression de son écosystème n’a jamais été à l’ordre du jour.

Word of the merchant :

Vladimir Velickovic once confided us that, from his Eastern European culture, he would have inherited a certain tendency to want to say too much in one go and that the critical look he takes at each of his works is essentially to reduce it to the essential, to eliminate what he calls "the anecdotal". From this point of view, "Corbeau" is one of the artist greatest successes and presents a brilliant achievement of what he seeks to express and the means he uses to perform it. The canvas is signed on and dated on the back, but the front also shows several of its usual signatures: the presence of a sign of danger with a death's head, a hole in the ground around which crows gravitate, a sky of soot peaked through by glows of fire. The setting being planted, comes the main subject : the raven and the pole on which it is perched. Is this pole really in the foreground, or does its disproportionate size show just how important it is in the scene, much as size defines the hierarchy of characters in medieval painting? We opt for the second solution because the tiny red reflection on the raven's plumage  can only be explained by the proximity of the latter with the fire. The post is painted at a minimal level. Only the "useful" part, the one that supports the bird is detailed. The base is just sketched. The drawing is a concept and when what it wants to mean is acquired, there is no need to develop it. In other works the fence wire that delimits the dangerous space is replaced by a wire netting that hatches the image and gives it its dynamism. Nothing of the sort here, the broken stay of the post floating in the wind is enough to confer this dynamism while whisking the scene. It is also mark of extreme desolation. A bit like shutters flapping in the wind are symbolic of an abandoned house. As for the raven it imposes itself in the image by the strong chromatic contrast which detaches it from its environment. But the work conceals an extra dimension by the  representation, erased at the three-quarters but still present, of a ladder, probable vestige of an earlier version whose the artist did not want to completely remove the trace. A ladder is above all a construction materializing the division of a distance in regular degrees. It is therefore a tool whose realization can only be attributed to reflection. The ladder here induces a human presence because it is characteristic of his intelligence. We can also note that in Western tradition the ladder is often linked to a gallows' presence and is a recurring element of the representation of Calvary. As a result, it constitutes here for us an essential cognitive element of the painting. The scorched earth, the glows of fire, the damaged fence, the presence of the crows, birds of the mass graves, all of this has probably  the man for origin. The raven, an opportunistic bird, is just taking advantage of this tragedy. Nothing suggests the time when the facts occur but for the raven, whatever that time, deleting its ecosystem has never been on the agenda.



 

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