Michel Tyszblat

 

Sans titre



Michel Tyszblat

Sans titre

Série « L'île des yeux et des télévisions »

Polyuréthane sur toile – 1970 – 89 x 116 cm

Signature en bas à droite

Provenance : atelier de l'artiste

Series « L'île des yeux et des télévisions »

Polyurethane on canvas – 1970 - 89 x 116 cm

Signed lower right

Origin : artist's studio


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Le mot du marchand

Maintenant que l’œuvre de Michel Tyszblat est fermé il est important d'en définir sa portée historique. En d'autres termes en quoi cet œuvre est spécifique et en quoi son auteur est immédiatement identifiable ?

Plutôt que de classer ses œuvres en séries Michel Tyszblat a préféré utiliser la terminologie des « îles ». Son archipel personnel se découpe ainsi en une vingtaine d'« îles », dont certaines seraient plutôt des îlots en regard du nombre limité des travaux les constituant. Toutefois cet archipel n'est pas aussi hétérogène que la segmentation dénominative des îles pourrait le laisser supposer ; et si ce classement permet une lecture plus aisée de l’œuvre en résumant les sujets successifs abordés par l'artiste au cours de sa carrière, ce survol est bien trop limitatif pour pouvoir prétendre à appréhender la dimension réelle de cet œuvre. Il appartient au regardeur de jeter un pont entre ces îles, d'identifier les éléments qui les unissent et qui constituent l'essence même du travail de l'artiste. Chacun peut évidemment préférer mettre l'accent sur telle ou telle partie de ce travail en regard de ses propres attentes. Mais s'arrêter aux seuls sujets et à leurs traductions graphiques nous semble cependant par trop réduire l'art de Michel Tyszblat. Pour nous les recherches plastiques qu'il introduit dans les rapports de couleurs et dans la relation entre les fonds et les formes sont non seulement caractéristiques de son œuvre mais encore essentielles. Quelle que soit l'« île » sur laquelle on s'attarde on retrouve la même subtilité du choix des tons, la même délicatesse de la coloration d'ensemble et ce même accord des formes et du fond sur lequel elles «reposent». Pour ce qui est de la couleur Michel Tyszblat utilise ce qu’il appelait des « tons cassés », c’est à dire dont la vivacité est rabattue par l’introduction de blanc ou de gris. La brillance est ainsi réduite au profit d'une sorte « d'entre-deux » d'une grande finesse dans les nuances. Il caresse les teintes, leur apporte un « toucher » particulier. Même dans les « îles » les plus exubérantes comme « Les grotesques » les couleurs sont toujours parfaitement maîtrisées, jamais criardes, invariablement à la bonne place. Ce contrôle absolu des teintes et des nuances permet à Michel Tyszblat de faire sortir le tableau de sa planéité originelle en perturbant la préhension des différents plans. La fonction de soubassement plastique du fond y est contestée par les formes qui s'y appuient, formes dont il arrive que la texture interne paraisse s'enfoncer dans le tableau bien au-delà dudit fond. L'organisation classique de l'espace en plans successifs s'efface au profit d'une sorte de cosmographie dont les figures constitueraient les objets célestes. Si jamais l'œuvre de Michel Tyszblat venait à perdurer et s'inscrire dans l'histoire de la peinture de son temps ce serait assurément dû à sa pratique très fine de la couleur associée à son dérèglement de l'espace.

L’œuvre que nous présentons ici nous a été proposée par un collectionneur parisien. Elle est datée de 1970 et fait partie de l’ «Ile des yeux et des télévisions», série qui s’étend de 1970 à 1973.. Les pièces de cette «île» sont difficiles à trouver en bon état car la série a été réalisée avec de la peinture polyuréthane, laquelle craquèle souvent dans le temps et est quasi impossible à restaurer. Ou alors par des spécialistes à des coûts prohibitifs et sans aucune garantie de résultat. La nôtre est remarquable de conservation. Elle a été acquise en 1970 par un collectif de médecins dans le cadre d’une «peau de l’ours» qui coordonnait ensuite la rotation des œuvres de sa collection auprès de ses membres. Quand le collectif a été dissous quelques années plus tard, un tirage au sort fut organisé pour répartir les œuvres parmi les adhérents. Notre vendeur a ainsi «hérité» du tableau de Michel Tyszblat et l’a conservé jusqu’à la fin de son activité professionnelle. Une fois à la retraite son train de vie a changé et il a changé de lieu d’habitation. Le tableau n’entrait plus dans le cadre de cette nouvelle vie et c’est pourquoi il nous a contactés pour le céder. C’est son histoire dans un milieu très protégé qui explique probablement l’excellent état de conservation de cette œuvre. Nous la présentons dans son encadrement aluminium d’origine pour la laisser telle qu’elle est née mais chaussée d’une caisse américaine en chêne pour souligner l’effet de l’ ancien cadre et mieux protéger le tout.

Word from the merchant

Now that Michel Tyszblat's work is closed, it is important to define its historical significance. In other words, in what way is this work specific, and in what way is its author immediately identifiable?

Rather than classifying his works into series, Michel Tyszblat preferred to use the terminology of ‘islands’. His personal archipelago is thus divided into some twenty ‘islands’, some of which would be more like islets given the limited number of works that make them up. However, this archipelago is not as heterogeneous as the segmentation of the islands might suggest; and while this classification makes it easier to read the work by summarising the successive subjects tackled by the artist over his career's course, this overview is far too restrictive to be able to claim grasping the real dimension of this work. It is up to the viewer to build a bridge between these islands, to identify the elements that unite them and constitute the very essence of the artist's work. Of course, each viewer may prefer to emphasise a particular part of the work in the light of his or her own expectations. But focusing solely on the subjects and their graphic translations seems to us to reduce Michel Tyszblat's art too much. For us, the plastic research he introduces into colours' connections and the relationship between backgrounds and forms are not only characteristic of his work, but essential to it. Whichever ‘island’ we focus on, we find the same subtle choice of tones, the same delicate overall colouring and the same harmony between the shapes and the background on which they ‘put down’. As far as colour is concerned, Michel Tyszblat uses what he calls ‘broken tones’, i.e. tones whose liveliness is reduced by the introduction of white or grey. The brilliance is thus reduced in favour of a kind of ‘in-between’ with great finesse in the nuances. He caresses the colours, giving them a special ‘feel’. Even in the most exuberant ‘islands’ like ‘Les grotesques’, the colours are always perfectly controlled, never garish, invariably in the right place. This absolute control of tints and shades allows Michel Tyszblat to take the painting out of its original flatness by disrupting the grasp of the different planes. The plastic base function of the background is challenged by the shapes that put down on it, shapes whose internal texture sometimes seems to sink into the painting well beyond the background. The classical organisation of space into successive planes is replaced by a kind of cosmography in which the figures make up celestial objects. If Michel Tyszblat's work were to endure and become part of the history of painting in his time, it would certainly be due to his very fine use of colour combined with his space's  disturbance.

The work we are presenting here was offered to us by a Parisian collector. It dates from 1970 and is part of the ‘Ile des yeux et des télévisions’ series, which ran from 1970 to 1973. Pieces from this ‘island’ are hard to find in good condition, as the series was made using polyurethane paint, which often cracks over time and is almost impossible to restore. Or this has to be done by specialists at prohibitive cost and with no guarantee of results. Ours is remarkably well preserved. It was acquired in 1970 by a group of doctors as part of a ‘peau de l'ours’ scheme, which next was coordinating the rotation of its collection's works with its members. When the collective was dissolved a few years later, a draw was organised to distribute the works among the members. Our seller ‘inherited’ Michel Tyszblat's painting and kept it until the end of his professional life. When he retired, he has reduced his lifestyle and moved house. The painting no longer fitted in with his new lifestyle, which is why he contacted us to sell it. Its history in a highly protected environment probably explains the excellent conservation's state of this work. We are presenting it in its original aluminium frame to leave it as it was born, but with an American box of oak to emphasise the old frame's effect and protect the whole better.

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